
Ça y est, le moment est enfin arrivé.
Après des mois (que dis-je ? des années !) de recherches minutieuses, de planification acharnée et d’attente interminable, j’allais enfin poser le pied sur cette terre africaine qui, sans le savoir à ce moment précis, allait bouleverser ma vie.
(mon pied = photo cameroun)
24 avril 2017, 6h10 du matin.
La porte de l’avion s’ouvre et je m’empresse de descendre, victorieusement, sur le tarmac encore endormi du petit aéroport d’Hosea Kutako.
La première chose qui me frappe, c’est le silence. Un silence si puissant qu’il parvient presque à masquer la voix des autres passagers se dirigeant vers les bâtiments de l’immigration.
(photo aéroport de Windhoek, si j’ai)
À côté de moi, mes parents, qui ignoraient jusqu’à hier la destination, sont encore bouche bée.
Je leur ai appris seulement à l’aéroport qu’ils partaient vivre l’aventure de leur vie en Namibie, avec moi, durant les 5 semaines à venir. Un choc.
(photo de mes parents et moi ou de mes parents qui découvrent la destination)
Après un joli coup de tampon sur notre passeport et une fois nos bagages récupérés, nous faisons la connaissance de Bruno, qui tient une petite pancarte à notre nom, et se prépare à nous emmener vers la capitale, Windhoek.
Sur le trajet, c’est déjà l’extase : au bord de la route, dans la savane arbustive, nous croisons nos premiers babouins. Nous n’en croyons pas nos yeux… mais nous sentons que ce n’est que le début de notre émerveillement !
(photo babouins dans la savane, bord de route)
Windhoek, nous n’y ferons qu’un passage express pour faire quelques courses et récupérer notre 4×4 (équipé de tentes sur le toit !). Le briefing est un peu long mais nécessaire, c’est la première fois que nous conduirons un bolide pareil !
(photo du bolide, chez Asco ?)
Nous quittons dès que possible le tumulte (tout relatif) de la “grande” ville pour nous diriger plein Sud. En parlant de ville, nous ne sommes pas prêts d’en croiser une digne de ce nom avant au moins 10 jours ! Ce voyage se fera sous le signe de la nature.
La prise en main du véhicule se fait plutôt bien, la conduite à gauche aussi, d’autant plus qu’il y a peu de monde sur la route. Notre allure n’est pas très vive, ce qui nous laisse le temps d’admirer nos premiers paysages, oscillant entre montagnes et savane.
(paysages du Khomas ou savane / montagnes)
J’avais noté sur mon carnet de route un éventuel arrêt pique-nique au bord du lac Oanob, sans savoir vraiment à quoi il ressemblait. Rien de spectaculaire ici, si ce n’est une pause sympathique et l’occasion de tester nos premières “gravel roads”, ces pistes de gravier que nous allons arpenter fréquemment pendant les prochaines semaines.
(photo gravel road) + tortue
Repus, nous rejoignons maintenant notre point de chute du jour, situé sur les sables oranges du désert du Kalahari.
Mes parents ne le savent pas encore, mais pour ce tout premier soir, nous ne dormirons pas en camping. Oui, on aime beaucoup les surprises dans la famille.
Pour accéder au lodge, nous roulons sur une petite piste de sable bordée d’herbes folles qui caressent les flancs de la voiture. Elles sont dorées par le soleil éblouissant de ce début d’après-midi. C’est magnifique. Contre toute attente, je trouve la conduite sur le sable très agréable, il n’y a pas de vibrations, c’est tout doux.
Quelques kilomètres plus loin, nous arrivons au lodge. J’arrête le moteur. Et là, ce silence, de nouveau, toujours aussi puissant.
Mais cette fois-ci, il ne parvient pas à masquer la voix de notre hôte, venue à notre rencontre avec des serviettes humides et un délicieux cocktail de fruits. Quelle délicate attention. Je n’avais pas imaginé un tel accueil.
(lodge avec autruche)
Après avoir siroté tranquillement notre rafraîchissement, la maîtresse des lieux nous emmène découvrir lodge : des espaces communs à la décoration rafinée, une petite piscine, et quelques bungalows au toit de chaume subtilement intégrés à leur environnement.
Avant de rejoindre les nôtres, nous prenons le temps de nous poser sur la terrasse. Nous nous arrêtons, nous asseyons, cessons de parler, observons la beauté du paysage, humons les odeurs et commençons à réaliser la chance que nous avons d’être ici. Dans ce pays encore inconnu mais dont les premières impressions nous font déjà entrevoir que ce voyage sera probablement l’un des plus marquants de notre vie.
Seuls sur cette terrasse, dans ce calme méditatif, nous sommes émus.
Mon émotion est quasiment indescriptible, certainement provoquée par les éléments qui nous entourent et par le bonheur de se retrouver en famille dans cet ailleurs si singulier. Et peut-être aussi par le poids d’une année passée douloureuse et triste.
(photo du goûter, du paysage)
Mes parents n’avaient jamais imaginé que leur rêve de voyager en Afrique puisse un jour s’exaucer.
Et moi, je me trouvais enfin sur cette terre que j’avais tant scrutée, tant imaginée, tant espérée.
Je pouvais désormais penser au présent, déconnecter, respirer à pleins poumons.
(autre photo)
C’est l’heure du “tea time”, notre hôte nous ramène à la réalité en nous offrant une délicieuse part de cake. Décidément, ils ont le sens de l’accueil ici ! Elle nous remet également les clés de nos hébergements.
Le long de la passerelle en bois nous menant à nos bungalows, nous remarquons une énorme masse dans un acacia. Nous nous approchons de plus près : c’est un nid. Nous apprendrons par la suite qu’il abrite des centaines d’oiseaux appelés Républicains sociaux. Étonnant.
(photo arbre et républicains)
Ici, chaque bungalow a sa particularité, et ils leur ont tous donné des noms d’animaux présents dans la réserve qui entoure le lodge. Préalablement, j’avais réservé le “Zebra” pour mes parents, qui me semblait être le plus charmant de tous, et le “Kudu”, juste à côté, pour moi. Tous deux se trouvent à l’extrémité de la passerelle, éloignés des parties communes, pour encore plus d’intimité.
(photo douche extérieure)
D’autant que lorsque nous ouvrons les portes de nos suites, nous remarquons la douche extérieure ouverte sur la savane. Nous sommes conquis. Rien n’est laissé au hasard : un lit gigantesque placé face à la baie vitrée, un espace détente intérieur, une terrasse privative aménagée. Et de partout, la vue sur la nature, et cette sensation de ne faire qu’un avec elle.
(photo lodge)
Cette nature, nous passerons la fin de journée à la contempler, à la photographier aussi. C’est d’ailleurs en ce jour que je ferai mes premiers pas avec mon appareil photo reflex. Ça deviendra une véritable passion par la suite.
(photos nature et photographe)
Dernières minutes avant la nuit, les plus importantes de la journée, tous prêts à assister au spectacle de Dame Nature.
L’immense boule de feu embrase le bush africain et disparaît derrière une épaisse couche de nuages, qui se teinte d’un magnifique rose vif.
Notre premier coucher de soleil en Namibie est réellement… irréel.
(photos coucher soleil)
Dix ans plus tard, lorsque je pense à la Namibie (que j’ai depuis exploré maintes et maintes fois), ce sont souvent les souvenirs de cette première journée qui me reviennent. Des images très claires, très nettes.
Je parviens presque à en ressentir chaque seconde, un peu comme si une partie de moi était restée là-bas ce jour là.
